mercoledì, gennaio 31, 2007

Carnaval

C'est le début de la période du carnaval à Naples. Il va durer un mois et demi et pendant tout ce temps, il faudra encore plus faire attention aux gamins et à leurs pétards, leurs bombes de mousse à raser et leurs oeufs pourris ! Anita, une portugaise, a déjà le menton tout bleu à cause d'un oeuf lancé un peu trop fort ! Jette est rentrée hier à la maison couverte des pieds à la tête de mousse. Bon pour l'instant je trouve ça plutôt drôle, mais je sens que le jour où ça va m'arriver je le prendrais peut-être pas aussi bien ! Magali qui habite à la Sanita m'a déjà prévenue d'éviter si possible de sortir aux alentours de 14h, l'heure où ces sales mômes sortent de l'école. J'ai déjà une petite pointe d'appréhension quand je croise un groupe d'enfants ... L'un d'eux m'a coursé aujourd'hui mais j'ai réussi à m'échapper.. D'autant que je suis une cible de choix : une jeune fille visiblement étrangère, quelle chance !

Encore une fois, ici tout est exagéré. Je regrette presque d'avoir raté le jour de l'an ici, puisque cette année les morts et les blessés ont pu être évités grâce au carabinieri qui ont confisqué les plus gros pétards avant qu'ils ne soient vendus. De vraies bombes !

Je suis rentrée de Grenade de le jour de San Antonio Abate, c'est-à-dire la fête qui marque le début du carnaval. Les enfants et ados du quartier avaient donc fait un grand feu de joie en bas de chez moi. Ils ont d'abord commencé par réunir tout le bois qu'il leur était possible de récupérer : vieilles portes, planches, je crois qu'ils ont même scié des branches d'arbres, pour tout entasser au milieu de la place.


Ils ont installé un espèce de roi carnaval en mousse et en carton sur un fauteuil d'osier qu'ils ont hissé en haut de leur bûcher. Les plus grands ont ensuite arrosé d'essence le tout qui faisait bien 2 m 50 de haut.


Je trouve que le spectacle avait quelque chose d'effrayant : le jour qui tombait, les flammes qui s'élevaient de plus en plus haut, le bruit des pétards qui explosaient dans le feu, les cris des gamins exités et bientôt les sirènes des carabinieri. Nous sentions la chaleur du feu, et la lumière éclairait la place comme en plein jour. Un peu plus et nous sortions les chamallows, tous installés sur notre balcon !


Les mômes étaient exités comme des puces et bientôt couraient sur les voitures des carabinieri, leur lançaient des bouteilles, déplaçaient les poubelles pour installer des barricades ! C'est là que les parents sont enfin intervenus, remettant les bennes et les petits à leur place. Rien de grave, en somme, c'est le carnaval. C'est sous doute l'avis des carabinieri puisque qu'ils avaient déjà fait demi-tour sans demander leur reste ..
Che piazza pazza ! Quelle place folle ! Cela change des feux d'artifices :) En tout cas ici les enfants n'ont peur de rien, et sûrement pas des carabinieri.
Les enfants se déguisent beaucoup, on voit de plus en plus de costumes sur les marchés. Le dimanche à Mergellina, ils se baladent fièrement sur le bord de mer avec leurs parents. Ceux-là sont les plus riches, ceux de Forcella se déguisent aussi mais préfèrent jeter des oeufs, allez savoir pourquoi ;)

Historiquement le carnaval est assez fêté à Naples, depuis les défilés somptueux, les bals masqués et les chasses au taureau du 16ème siècle jusqu'à la mousse à raser des temps modernes ! Le 16ème siècle a été certainement la période la plus fastueuse, mais les défilés ont perduré par la suite, de façon plus populaire, avec des chars construits par le peuple (bouchers, poissonniers : chaque corps de métier faisait son char). Il paraît que les "certaines personnes s'amusaient à jeter toutes sortes de choses sur le défilé depuis les fenêtres, même des eaux sales" !! hihi ça m'étonne pas j'essaie même pas d'imaginer Naples il y a 3 siècles !
Au 18ème le carnaval était plus international, très apprécié par les étrangers qui venaient de loin pour le voir. Le carnaval s'est françisé au 19ème durant l'occupation française : réveillons, bals masqués .. A la fin du siècle, la carnaval fut supprimé suite au tremblement de terre à Ischia et à l'épidémie de cholera. Depuis les années 20 on joue des opérettes et des comédies pour le carnaval, et aujourd'hui c'est plus quelque chose de fêté par et pour les enfants.

Andalousie (5) Tapas et retour en Italie

Un petit repas avec les amis de Maé, une soirée en boîte et le lendemain, la tournée des bars à tapas ! Les étrangers ont apprécié notre tartiflette (je crois ?!), et moi j'ai adoré les tapas ! Quel concept parfait : boire et manger dans le même temps pour un prix ridiculement bas, moi en tout cas j'adhère à 100 % :)


Tapas pour 3


Un seul bémol, le retour qui m'a pris près de 24h : Grenade - Milan en avion, une nuit à l'aéroport et plus de 6h de train le lendemain pour redescendre à Naples ! Mais me voilà enfin chez moi, bien contente de mes vacances et tout autant de retrouver mon chaos napolitain.

Andalousie (4) Ronda


Nous avons pu profiter de la voiture de Maé pour nous balader un peu dans la région, et en particulier pour aller dans un village un peu particulier, Ronda, à environ 2h de route de Grenade. Un peu plus qu'un village, en fait, plutôt une petite ville dont la particularité est d'être construite en partie sur un piton rocheux qui domine toute la région.

L'une des curiosités du lieu est le pont reliant les 2 parties de Ronda surplombant un vertigineux ravin. Les franquistes avaient pour sympathique habitude de jeter leurs opposants au fond, pratique, n'est-ce pas ? L'architecte du pont aurait lui aussi péri de la sorte : en inspectant l'avancement des travaux il se serait penché un peu trop pour rattraper son chapeau qui s'envolait !

Cela dit Ronda est une petite ville typique de l'Andalousie, aux maisons blanchies à la chaux et aux balcons en fer forgé. L'endroit est paraît-il assez touristique, nous avons en effet croisé un certain nombre d'étrangers, mais nous avons aussi logé dans une petite pension à des prix imbattables (20 euros la chambre double).


Nous reprenons la route le lendemain après avoir acheté de quoi pique-niquer au Mercadonna du coin. Là encore, nous traversons des paysages magnifiques, où les cols désertiques succèdent aux grandes plantations d'oliviers avec des petits villages blancs plantés au milieu. Après une pause à un point de vue dominé par une grande statue d'un garde forestier (j'ignorais que le personnage du garde forestier était une idole locale ?! :), nous traversons El Burgo, théâtre de nos aventures indépendantistes.


On se rend compte de ce que doit être la chaleur estivale, écrasante, meurtrière, en voyant la végétation profiter de ce doux mois de janvier pour fleurir et bourgeonner. Hé oui ! C'est le printemps !

Mais y a -t-il seulement eu un hiver ? Peut-être n'est-il pas encore tombé ? Alors tous ces bourgeons vont mourir ? Nous débattons tandis que Maé se concentre sur les virages, s'arrête demander notre chemin à une vieille femme ravie de nous aider ou s'étonne sur la couleur de la terre rouge. Le soleil tape à travers les vitres, nous pourrions continuer ainsi encore pendant des jours !
Mais il est temps de rentrer à Grenade. Encore un accident sur la route, encore des bouchons. Pas de panique ! Cette fois j'ai mon ordinateur avec des épisodes de Friends héhé :)

martedì, gennaio 23, 2007

Andalousie (3) Alhambra


S'il faut voir une chose à Grenade, alors c'est l'Alhambra et ses palais nasrides. C'est d'ailleurs le monument le plus visité d'Espagne, hérité des arabes qui ont occupé le sud de l'Espagne du VIIIème au XVème siècle.


Il m'a fallu presque une journée pour tout voir. Entre les palais nasrides, les jardins du Generalife ( le palais d'été des sultans), le palais de Charles Quint posé comme un cheveu sur la soupe au beau milieu de la forteresse, on ne se lasse pas de contempler le quartier de l'Albaicin depuis les différents points de vue qu'offre l'Alhambra.

L'Albaicin et le quartier de Sacromonte


Le portique de la tour des dames

Ce petit veinard de Gaetano m'a raconté qu'il connaît un des guides de l'Alhambra et a pu, lors d'un séjour à Grenade, dormir dans l'une des salles des palais, celle au plafond en forme d'étoile (impossible à reproduire d'après le Guide du Routard). Théophile Gauthier l'avait déjà fait avant de partir à dos d'âne dans les sierras andalouses dans l'espoir de rencontrer l'un des légendaires bandits de la région. Théophile Gauthier, Gaetano, c'est presque un hôtel cette forteresse dites donc !

Le plafond en forme d'étoile

Les salles et les patios se succèdent, les murs sont recouverts de calligraphie arabe, de motifs géométriques, de décorations florales. Chaque plafond est sculpté, chaque salle a sa particularité architecturale. La cour des lions, censé représenter le paradis musulman, me rappelle un certain cloître du paradis, dans la cathédrale d'Amalfi. A chaque religion sa représentation du paradis. Musulmans, catholiques, croyez-moi, vous ne serez pas déçus ! Moi j'hésite encore pour savoir à quelle religion je me convertit :) Ce qui est curieux c'est que les architectes semblent voir le paradis comme pleins de colonnes ! Mais celui des catholiques est plus vert.


Moi j'ai été très impressionnée par le premier patio. D'un côté, la salle où le sultan reçevait ses visiteurs, au plafond d'ébène étoilé. Il était assis dos aux fenêtres et paraissait donc illuminé d'une lumière divine, à contre-jour, le visage dans la pénombre. De l'autre côté du patio, des fenêtres à jalousie, derrière lesquelles se tenait les femmes du roi, autres signes de son pouvoir. La cour en elle-même est presque entièrement occupée par un bassin où se reflète les palais. L'ensemble serait d'une géométrie parfaite sans le palais de Charles Quit que l'on aperçoit au loin. Maramé il aurait pas pu s'abstenir de construire son bâtiment mastoc celui-là ! Enfin le patio reste un endroit d'un calme rare, où l'on se sent serein comme dans un conte des milles et une nuits.


Le palais de Charles Quint, que décidément je n'aime pas, je ne lui pardonnerais pas d'avoir gâché mon patio ..


Les jardins du Generalife, sans doute bien plus beaux au printemps mais néanmoins très agréables puisque les gardiens m'ont laissé y faire la sieste au soleil.


Les bains sont en restauration, c'est dommage, je ne vous apprendrais pas la place qu'ils tenaient dans la culture arabe. Un petit aperçu tout de même :


Et au loin, la Sierra Nevada enneigée ...


domenica, gennaio 14, 2007

Andalousie (2) MIAM

Encore un post commun avec Maé

Perdues dans une petit village aux alentours de Ronda à l'heure du déjeuner, nous nous sommes mises à l'heure andalouse avec des toasts au Jamon et à la tomate dans un petit bar typique. Jambons au plafond, forte odeur de graillon, toasts délicieux, huile d'olive goûtue, nous voilà bel et bien au coeur de l'Andalousie !
Nous savourions tranquillement ce petit déjeuner traditionnel lorsque un ancien du village, interpellé par notre langage, qu'il prit pour le dialecte très spécifique d'El Burgo, s'approcha furtivement de notre table. Il nous lança alors très discrètement un "miam" sans cesser de regarder autour de lui d'un air méfiant. La bouche pleine, enchantées par notre découverte culinaire, nous lançâmes naïvement en coeur un "miam miam" en réponse au sien. Voilà comment, sur un malentendu linguistique, en répondant à un nom de code ultra secret, nous adhérâmes au MIAM, le Mouvement Indépendantiste pour une Andalousie Marxiste. Nous fîmes ainsi connaissance avec San Miguel Jamon Olivas, le leader du MIAM, qui nous confia une mission sans nous laisser le temps de s'expliquer sur cette méprise, puis disparut dans un champ d'oliviers.


Le QG du MIAM

Interloquées par la tournure que prenait notre voyage touristique, nous prîmes le temps de nous concerter. Finalement, alléchées par la récompense, nous décidâmes de remplir la mission. Le barman nous expliqua les objectifs du parti et les enjeux de notre participation. Il s'agissait en fait d'un conflit interne du MIAM, opposant San Miguel Jamon Olivas, d'El Burgo, chef historique du parti, à José Los Angeles de Las Vegas, un tout jeune leader aux idées modernistes. Ce qu'il faut savoir, c'est que la production d'olives et de jambon, souvent sur un mode traditionnel, constitue une part importante de l'économie andalouse. Or, José Los Angeles, était parti étudier aux States et revenu au pays depuis peu, bouleversait l'ordre bien établi avec ses propositions novatrices. Il voulait en effet exporter une partie de la production d'huile d'olive aux Etats-Unis, délocaliser la production vers Ronda, à 50 km à l'ouest d'El Burgo, où les immigrés de Cordoue travaillaient pour une bouchée de pain, et élever les cochons pour en faire des renifleurs de truffes afin de les exporter dans le Sud-Ouest de la France. Il était évident pour nous, comme pour les villageois d'El Burgo, que cette recherche de profit ne correspondait plus aux idées fondatrices du MIAM. De plus, une telle délocalisation mettrait au chômage tous les anciens du village, pourtant producteurs d'olives de génération en génération. Il était également invraisemblable que des américains puissent apprécier une huile aussi raffinée, et franchement, un cochon andalou est bien plus utile sur un toast qu'à renifler des champignons en France !

Comprenant ainsi les conséquences de l'ascension de José Los Angeles au sein du MIAM, nous acceptâmes de l'effrayer afin d'empêcher sa candidature à la tête du parti.

Préparation au combat !


La mission



Voici notre récompense pour avoir rempli à bien cette dangereuse mission !


Même si nous nous sentions concernées, il nous fallu quitter le parti car notre participation ne pouvait être qu'éphémère. Comment 2 étudiantes même pas andalouses pouvaient-elles épouser cette cause ? Et notre méconnaissance des traditions locales commençait à nous trahir ! Nous partîmes donc, après un dernier salut à San Miguel Jamon Olivas, qui avait rejoint ses terres après nous avoir chaleureusement remercié ..

San Miguel Jamon Olivas


martedì, gennaio 09, 2007

Andalousie (1) On the road

Un post commun avec Maé

Nous voici enfin en Andalousie après un long et périlleux voyage à bord du superbe tank de Maé ! Le départ fut un peu laborieux : nos adieux s'éternisèrent autour d'un ultime saucisson brioché et nous partîmes digérer au commissariat de Caluire. Sans vraiment y croire, entre un plein d'essence et une vérification des pneus, nous fîmes halte là-bas afin de faire une procuration. Quelles bonnes citoyennes sommes-nous !
Après seulement 4h de retard sur notre planning, nous lançons enfin notre char à l'assaut des routes.
Une fois la nuit tombée, quelques kilomètres après la frontière, un indigène en képi nous intime l'ordre de stopper ! Nous ne saurons jamais l'objet de sa requête, puisque, une fois notre destination précisée, il nous suggère fermement de continuer notre route au plus vite.
Le lendemain, nous faisons bien involontairement 3 fois le tour de Barcelone et continuons notre route sans plus de péripéties pour arriver 3 jours plus tard à Granada.


Une nuit sur la route

Et le ptit dej !

A notre arrivée, éreintées, quelle n'est pas notre surprise de tomber nez à nez avec une japonaise, Mai (Prononcez Maille, comme la moutarde, qui est d'ailleurs montée au nez de Maé quand elle s'est aperçue que la sienne avait disparu ! Pensez-vous, une moutarde made in France, une vraie qui pique et qui n'est pas sucrée, introuvable dans ces contrées !), une coloc fraîchement débarquée à l'appart de Maé. Assez sympathique bien que parfois un peu étrange (gouffre culturel, encore plus profond que la moutarde), nous avons pu assister à sa découverte du Nutella ! La bouche ouverte, le nez retroussé, les yeux ronds comme ils ne l'ont jamais été, une chose est sûre : il faudra désormais planquer le pot ! Elle refusait de partager son appart et surtout sa salle de bain avec un coloc de sexe masculin, pourtant, une voix indubitablement masculine nous réveilla pendant la nuit :)

Mai (Maille ?!)

Malgré 2 nuits passées dans la voiture et une nourriture constituée essentiellement de mandarines, nous repartons aussitôt visiter Grenade. Alhambra, Albaicin, San Juan de Dios, le couvent de San Jeronimo ...


Ainsi que quelques bars à tapas ! :)

Lorsque nous sommes arrivées, c'était l'Epiphanie, la fête des rois mages. En Espagne, cette fête est considérée comme le Noël chez nous. Le 6 janvier est donc un jour férié que l'on passe en famille autour d'un bon repas précédé de la veillée le 5 où l'on s'échange des cadeaux. L'idée que ce soir-là, toutes les familles seraient réunies a tellement attristé Marion que nous, seules, loin des nôtres, nous l'avons passé avachies sur nos matelas à battre des records de jeux vidéos, mangeant tout ce qui nous passait sous la main (même de la semoule cuite au micro-ondes).