lunedì, maggio 21, 2007

Maratea


Dimanche, lever à 5h du matin : Dan et moi partons pour Maratea, village sur la côte de la Basilicate, c'est-à-dire à 3h de train au Sud de Naples (train régional .. Donc qui s'arrête plus ou moins tout les 500 mètres ..) Pourquoi Maratea ? Parce que c'est le village qu'a laissé la famille de ma grand-mère quand elle s'est installée en France. Eh oui je suis (quasi) italienne moi :)
Mauvaise surprise en arrivant : le centre de Maratea est plus ou moins en haut de la montagne, le port est, évidemment, en bas, et la gare entre les 2. On se prend donc une petite suée (parce qu'il fait déjà bien chaud à 9h du matin) avant de déguster un caffè-cornetto bien mérité sur la place du village. Un espèce de Christ énorme planté sur son rocher surplombe la vallée jusqu'à la mer : il fait la fierté de tout le monde ici, ce serait le plus grand d'Europe (22m), le deuxième du monde après celui de Rio de Janeiro. Hum ..

Joli village, le centre historique est vraiment mignon. Par contre, ici comme dans les Pouilles, on ne comprend rien, le dialecte est bien différent de celui de Naples. Sur une pharmacie, sur le monument aux morts, sur des interphones, il y a le nom de ma mère-grand : Brando !! Sûrement des cousins éloignés .. :)


On redescend par des petits escaliers aux milieux des jardins en fleurs pour éviter la route, jusqu'à la mer.


Au passage une dame qui visiblement s'ennuie nous invite à admirer la vue de sa terrasse qui surplombe le port et la baie, c'est superbe ! Nous fuyons avant qu'elle ne nous invite à manger :) En bas la mer est propre, la plage et les rochers aussi, quel dépaysement .. Des villas plus belles et plus fleuries les unes que les autres se succèdent le long des virages : le temps est loin où les familles émigraient pour fuir la pauvreté de ce beau pays ! L'endroit est touristique, mais un tourisme riche et visiblement respectueux de l'environnement. Et puis nous sommes hors-saison, les plages seraient peut-être payantes et sûrement plus remplies au mois d'août.
Une petite baignade au milieu des rochers et nous pique-niquons.


Moi qui comptais lézarder une bonne partie de l'après-midi, je déchante vite : le soleil est beaucoup trop fort. Alors on se lance : les panneaux indique Sapri, la prochaine station de train, à 18 km. Le dernier train est à 18h, cela nous paraît faisable, alors on se lance !

Très très belle balade sur une petite route quasi déserte au milieu des pins au dessus de la mer, malgré la chaleur et la soif (on finit par trouver de l'eau trop froide à Acquafredda - logique) et les 2 derniers kilomètres parcourus au pas de course pour ne pas rater notre train. A chaque virage nous découvrons une nouvelle crique, et j'aurais voulu tester chacune des plages noires (pierre volcanique) qui contrastent avec l'eau turquoise ..

La fin du monde

Finalement je suis allée voir Pompéi et Herculaneum. C'est plutôt impressionnant, surtout Herculaneum. Contrairement aux ruines de Rome, ici ce n'est pas du tout difficile de s'imaginer comment était la ville antique, surtout qu'on a reconstruit un toit à l'identique sur certaines maisons pour protéger les fresques. A Herculaneum il reste des lits, des boutiques conservés pratiquement en l'état, le bois est simplement noir. Il y a encore des graffitis dans les rues (je crois qu'il s'agissait de soutiens à tel ou tel candidat pour les élections), et il ne manque que l'eau dans les fontaines des jardins. A Herculaneum on peut visiter les thermes qui sont dans un état de conservation inéspéré : c'est tout juste si le sol s'est un peu effondré ça et là. Il reste parfois des portes en bois qui n'ont pas brûlé mais sont simplement devenus de la roche ! On tombe souvent sur une mosaîque ou une statue au fond d'un jardin en se promenant au hasard dans le dédale des rues, même si la plupart d'entre elles sont maintenant au musée archéologique de Naples.



Le forum

Dan dans le petit amphithéâtre

Le célèbre "Attention au chien" à l'entrée d'une maison


Mais impossible d'oublier la tragédie du 24 aout 79 : la silhouette du Vésuve se découpe dans les encadrements de fenêtre, et surtout .. les morts ! Des corps recroquevillés sur eux-mêmes, des visages exprimant l'horreur absolue .. On a retrouvé des centaines de morts, surtout des squelettes mais aussi ces célèbres corps recouverts et carbonisés dans l'instant. Les archéologues introduisent du plâtre dans le moule laissé ainsi dans la roche, et voilà les morts de Pompéi. Un chien, des couples, des gens recroquivillés autour de leurs trésors .. Le plus impressionant que j'ai vu est celui de la villa des Mystères, parce que son visage exprime bel et bien ce que doit être la fin du monde .. Pompéi a été recouverte d'une pluie de cendres qui n'a laissé aucune chance à ses habitants. Un fleuve de boue a enseveli Herculaneum et ses habitants qui avaient déjà succombé aux gazs mortels du volcan, tous entassés près de la plage sous de grandes arcades en pierre.

Les 2 villes ont été si totalement anéanties qu'on perdit la trace de leur emplacement. Les ruines ont été redécouvertes il ya 200 ans, et depuis les fouilles n'ont pas cessé. Il en reste encore une bonne partie encore enterrée sous plus de 15m de roche et de boue, surtout à Herculaneum.

lunedì, maggio 14, 2007

Quelques photos

La Madonna alla pistola, un tag Via dei Tribunali ( Piazza dei Gerolomini)


Tagé sur Santa Chiara, l'une des églises les plus importantes de Naples :

"Il fatto che il cielo sia azzuro è un chiaro segno che anche Dio è tifoso di Napoli"

"Le fait que le ciel soit azur est un signe évident que Dieu aussi est supporteur de Naples" (La couleur du club est le bleu clair - I azzuri)


Vendeurs de mais grillé - Via Acton


Vendeur à la sauvette - Piazza dei Plebiscito


Tag via dei tribulani


Ma rue - Via San arcangelo a Baiano -


Le funicolare qui monte au Vomero - Montesanto


Le duomo : la coupole et la façade vues d'un balcon via dei tribunali


Un vendeur de légumes installé au coin d'une rue - Montesanto


Un squelette de motorino abandonné sous un oranger couvert de fruits - près de la via Toledo


Et que trouve-t-on, à votre avis, dans une tripperia ? - Montesanto

mercoledì, maggio 09, 2007

Di qua e di la

Une soirée d'élections entre français devant l'ordi connecté au site de TF1. Etrange de regarder la télé française ..

Vous saviez que quand on tape "Sarkozy" chez Google, le 5ème site est celui d'Iznogoud, le film ? ..

Sinon Frantico est de retour avec un nouveau Blog : Nico Shark, un ami pour 5 ans

Et merci Sarah pour le tuyau sur Ernest Pignon Ernest ! C'est superbe !! C'est un artiste français qui a bossé il y a une quizaine d'année à Naples. Il reproduisait des morceaux de tableaux des maîtres italiens (Caravage) et en faisait des sérigraphies affichées un peu partout dans la ville. C'est un travail suprenant et vraiment impressionant : les oeuvres s'insèrent parfaitement au décor, surtout pour qui connaît la ville. Les photos sont sur son site.

Il fait chaud, tout le monde est dehors. Naples est plus animée et polluée que jamais. Une échappée à Bagnoli aujourd'hui : la mer au bout de la ligne de métro ! Dans les wagons les jeunes avec la serviette autour du coup côtoient ceux qui reviennent du boulot. Curieux mélange !

sabato, maggio 05, 2007

Tammuriata

J'ai commencé ce mois-ci des cours de tammuriata, la danse traditionnelle napolitaine. La musique est très simple : des tambourins, un chant monotone et le son des castagnettes que portent les danseurs. Parfois une flûte ou même un accordéon peuvent s'ajouter, mais c'est loin d'être indispensable. Plus dépouillée que la pizzicata pugliese, la tammuriata n'a pas pour fonction d'exorciser les danseurs envoûtés par la taranta. Il s'agit d'une antique danse païenne, récupérée évidemment par l'Eglise depuis quelques siècles : un hymne à la nature, au volcan, bref rien de bien catholique à la base. Maintenant on fait des processions en l'honneur de la Vierge les jours de fête tammuriata.








En redescendant nous croisons la voiture qui a promené la madonne


Grâce à mes "contacts" du cours, j'ai su qu'il y avait une fête à Somma, un piccolo paese sous le Vésuve, en pleine campagne. Floraine, Katerina et moi nous embarquons donc dans le Circumvesuviana pour rejoindre ladite-fête, qui serait selon ma prof l'une des plus anciennes et traditionnelles. Je dois dire que je suis quelque peu déçue en arrivant : l'air empeste la friture, il y a des stands des 2 côtés de la route qui serpente sur les flancs de la montagne et les hauts parleurs installés dans la pinède crachent une espèce de lambada à l'italienne. Pero .. Nous dépassons les groupes de beaufs, attirés par le son des tambourins que l'on perçoit malgré tout.


Nous y voilà ! Les gens ont installé des tables sous les pins et derrière, un attroupement s'est formé autour des musiciens et des danseurs. 3/4 tambourins, plusieurs chanteurs qui se relayent, et ça danse ! Les vieux (voire très vieux), les jeunes (et très jeunes) virevoltent en faisant claquer leurs castagnettes. Tout le monde ne danse pas très bien, loin de là, mais dans l'ensemble les gens connaissent les pas de base et des couples parfois improbables se forment au rythme de la musique. C'est familial, les villageois se mélangent à ceux qui, comme nous, sont venus de Naples. Notre accent ( Katerina est une italienne du Nord, c'est-à-dire aussi étrangère que nous) interpelle : très vite on nous parle (et je dois dire que je suis contente de comprendre - à moitié- les petits vieux du fin fond de l'Italie du Sud !).





Contrairement à Naples, où par exemple le public de mon cours semble assez aisé (le genre de personne qui hausse les sourcils quand je dis où j'habite .. "Ah oui Forcella. Une fois je suis passé devant, mais je ne suis jamais entré" Comme si le seul fait de mettre un pied dans ce quartier faisait que vous étiez subitement enlevé, dépouillé, violé et torturé .. bref) et où la seule fête "tammuriata" que j'avais faite était dans un squat étudiant gaucho, ici la tammuriata est vraiment populaire. On a vu des grand-pères enseigner les pas à leurs petites filles, des grands gaillards que l'on imaginerait plus en boîte de nuit faire tourner des grosses dames. Et nous aussi très vite, on se fait enseigner des pas et on tourne tant bien que mal !

Mes belles castagnettes :)

venerdì, maggio 04, 2007

Monte di Procida

Une journée à Monte di Procida : un espèce de promontoire un peu au Nord de Naples, en face de l'île de Procida, avec Dan et un pote à lui, Simon. Nous avons marché toute la journée, avec une pause dégustation Shakerato en terrasse au port. Jolies vues et plages déjà envahies par les napolitains.

Procida vue de Monte di Procida

Comme partout, la majorité d'entre elles sont payantes, et les rares espaces publics sont jonchés de détritus. Je crois que cet été je payerais 5 euros, même si le principe ne me plaît pas, pour éviter de m'allonger au milieu des poubelles !


Plage privée

Et plage publique ..


martedì, maggio 01, 2007

Famiglia

Une semaine avec la mia famiglia, qui débarque à Naples à 1h du matin après une trèès longue journée et plus de 1100 km de route !
Au programme : musée d'archéologie, passegiate dans le centre historique, au marché, sur le lungomare, et une journée à Ischia avant de repartir tous ensemble pour Rome. Que du bon !


C'est le week-end de Pâques, par conséquent tout Naples et toute l'Italie fêtent la mort et la réssurection du Christ. Après avoir descendu quelques bières en terrasse, nous arrivons Piazza del Gesu, au coeur du centre historique. Une grande scène et des écrans géants ont été montés pour l'occasion, et sur la place des hommes portent la croix, s'arrêtant à chacune des 12 étapes du chemin de croix tandis qu'on lit les textes sacrés. Je n'ai jamais vu le place aussi pleine ! La ferveur des gens est impressionante : pas un bruit, ils ferment les yeux et joignent les mains ..

ET .. en dessous de chez moi, la procession de Pâques de Forcella ! Cela faisait déjà quelque semaines que je voyais défiler des fanfares habillées en blanc tout les dimanches, et c'est aujourd'hui le jour de la procession. Pas de prêtres ni même de croix, ici de grands gaillards habillés en blanc trimballent une vierge de carton-pâte sur son trône. Ils sont suivis d'ados, aussi en blanc, qui se tiennent les bras et chantent, la fanfare et enfin par de grandes bannières rouges : des ex-votos (des offrandes en remerciement). La troupe se balade dans les quartiers et s'arrêtent régulièrement devant les autels dressés par les habitants au coin des rues. Ils réitèrent à chaque fois le même rituel : la vierge est portée à bout de bras, on la fait tourner, on danse, le tout en musique.

Dans le coin à gauche invisible de mon balcon, il y a un autel

Sur le trône de la vierge, le nom de celui qui l'a financée et construite


Quelle bande de païens !! (sujet à suivre .. il faudra que je fasse un post sur la religion)

Après un pique-nique à Tivoli dans le villa d'Hadrien ..

... Rome !! Grazie a il mio zio Yves, nous logeons dans un beau grand hôtel, et ça .. c'est la classe les enfants ! Evidemment ils nous arrive des bricoles : j'oublie les clés à l'intérieur de la chambre, Sarah se paye une gamelle monumentale sur ses beaux talons neufs dans le beau hall au sol ciré .. Il faut dire que nous ne sommes pas habitués aux grand hôtels internationaux, c'est un peu impressionnant tout ça :)

Nous faisons le tour des monuments, quelques musées, Roma è sempre bella !


La villa Giulia, dans le parc de la villa Borghese, coup de coeur des parents :)

La place d'Espagne couverte de fleurs au mois de Mai


Une surprise nous attend au Vatican : à peine arrivés sur la place St Pierre noire de monde, on réalise que Benoît XVI, perché sur sa papamobile, est en train de faire le tour de la place ! Wooouhh voilà on l'a vu en vrai, en chair et en os, à quelques mètres de nous. La famille a été bénie par le St Père !! (Comme si on avait besoin de ça :)


C'est rigolo chaque fois que je fais faire le tour de Naples à mes visiteurs, je redécouvre de nouveaux détails !

Cet cheval de dessin animé par exemple ..

Ou ce tag près de la Piazza Santa Maria la nuova ..




Un dernier coucou et chacun repart de son côté : moi à Naples et eux en France ..