sabato, maggio 05, 2007

Tammuriata

J'ai commencé ce mois-ci des cours de tammuriata, la danse traditionnelle napolitaine. La musique est très simple : des tambourins, un chant monotone et le son des castagnettes que portent les danseurs. Parfois une flûte ou même un accordéon peuvent s'ajouter, mais c'est loin d'être indispensable. Plus dépouillée que la pizzicata pugliese, la tammuriata n'a pas pour fonction d'exorciser les danseurs envoûtés par la taranta. Il s'agit d'une antique danse païenne, récupérée évidemment par l'Eglise depuis quelques siècles : un hymne à la nature, au volcan, bref rien de bien catholique à la base. Maintenant on fait des processions en l'honneur de la Vierge les jours de fête tammuriata.








En redescendant nous croisons la voiture qui a promené la madonne


Grâce à mes "contacts" du cours, j'ai su qu'il y avait une fête à Somma, un piccolo paese sous le Vésuve, en pleine campagne. Floraine, Katerina et moi nous embarquons donc dans le Circumvesuviana pour rejoindre ladite-fête, qui serait selon ma prof l'une des plus anciennes et traditionnelles. Je dois dire que je suis quelque peu déçue en arrivant : l'air empeste la friture, il y a des stands des 2 côtés de la route qui serpente sur les flancs de la montagne et les hauts parleurs installés dans la pinède crachent une espèce de lambada à l'italienne. Pero .. Nous dépassons les groupes de beaufs, attirés par le son des tambourins que l'on perçoit malgré tout.


Nous y voilà ! Les gens ont installé des tables sous les pins et derrière, un attroupement s'est formé autour des musiciens et des danseurs. 3/4 tambourins, plusieurs chanteurs qui se relayent, et ça danse ! Les vieux (voire très vieux), les jeunes (et très jeunes) virevoltent en faisant claquer leurs castagnettes. Tout le monde ne danse pas très bien, loin de là, mais dans l'ensemble les gens connaissent les pas de base et des couples parfois improbables se forment au rythme de la musique. C'est familial, les villageois se mélangent à ceux qui, comme nous, sont venus de Naples. Notre accent ( Katerina est une italienne du Nord, c'est-à-dire aussi étrangère que nous) interpelle : très vite on nous parle (et je dois dire que je suis contente de comprendre - à moitié- les petits vieux du fin fond de l'Italie du Sud !).





Contrairement à Naples, où par exemple le public de mon cours semble assez aisé (le genre de personne qui hausse les sourcils quand je dis où j'habite .. "Ah oui Forcella. Une fois je suis passé devant, mais je ne suis jamais entré" Comme si le seul fait de mettre un pied dans ce quartier faisait que vous étiez subitement enlevé, dépouillé, violé et torturé .. bref) et où la seule fête "tammuriata" que j'avais faite était dans un squat étudiant gaucho, ici la tammuriata est vraiment populaire. On a vu des grand-pères enseigner les pas à leurs petites filles, des grands gaillards que l'on imaginerait plus en boîte de nuit faire tourner des grosses dames. Et nous aussi très vite, on se fait enseigner des pas et on tourne tant bien que mal !

Mes belles castagnettes :)

3 commenti:

Camille ha detto...

=)

Je suis entrain d'ecrir ta lettre.
GE.NI.ALE !

Fée d'Hiver ha detto...

La Tammuriata... La danse d'Italie du Sud que je préfère... Enfin les danses, serait plus correct! Il en existe là encore plusieurs sortes... Dont la Giuglianese, qui est magnifique, celle de la Madonna dell'Avocata aussi... La Vesuviana, La Monti Lattari... Autant de transes possibles!
Superbe ton article =)

Pascal ha detto...

Tu as de la chance, d'avoir pu assister à une fête in situ. J'imagine que ce ne fut pas la dernière...
Je connais un peu ces rendez-vous (presque) impromptus dans les villages qui s'accrochent au Vesuvio. Des instants exeptionnels, à chaque fois...